Mondial 2026 : Bilan (III)

Mondial 2026 : Bilan (III)

Remercions « l’équipe B » d’Angleterre d’avoir sauvé la petite finale de la Coupe du Monde 2026 en nous permettant d’assister à de belles actions et à une deuxième mi-temps spectaculaire. Car, fidèles à leur vaillance légendaire, les joueurs des Three Lions ont contraint les Bleus à la réaction, malheureusement tardive, qu’exigeaient l’évènement et la désolation d’incrédules supporters indignés. En les forçant à courir et à jouer en deuxième mi-temps afin d’éviter une fessée historique, les footballeurs anglais ont ainsi donné à nos Français l’opportunité de conserver leur dignité et la confiance de leurs fidèles suiveurs qui avaient cassé la tirelire pour les accompagner jusqu’au bout de leur parcours inachevé au Mondial américain.

Shame on you

Déplorons que nos représentants soient entrés sur la pelouse pour disputer une demi-finale d’un Mondial dépourvus d’énergie, faute d’esprit combatif ; à l’image d’Olise, ils trottinaient sans vergogne sur un terrain trop grand pour leurs petites foulées, affichant une désinvolture navrante. Si la bonne seconde mi-temps des Français a lavé leur honneur, elle ne saurait faire oublier leur faux départ causé par un comportement inacceptable. Perdre, faire des erreurs, it’s part of the game. Ne pas lutter quand on revêt le maillot de l’équipe nationale, c’est honteux. Comme l’attitude nonchalante d’un Cherki avachi au bord du terrain pendant qu’un Upamecano, auteur d’une prestation autoritaire, lançait ses partenaires dans une remontée palpitante. Cette passivité initiale, à laquelle l’Équipe de France nous a accoutumés dans certains matchs importants, nous a fait perdre la finale du Mondial 2022. Et à l’évidence, ce douloureux échec n’aura pas servi de leçon. Qu’une formation dirigée par le guerrier que fut le capitaine Deschamps puisse débuter des rencontres majeures avec aussi peu de motivation fait tache sur l’impressionnant CV du coach basque. Chercher l’erreur.

La Coupe du Monde place la France au quatrième rang des nations. Pour progresser dans ce classement, Zinédine Zidane a du pain sur la planche. Et en premier, couper le courant alternatif en donnant définitivement aux Bleus un style de jeu adapté à la vitesse, la technique de leurs attaquants ; et surtout à appliquer en continu, en toutes circonstances. Dénicher au moins deux arrières latéraux de niveau international, au profil à la fois défensif et offensif, afin d’épauler efficacement les demis en se projetant dans leur couloir en soutien des attaquants ; rodés à un pressing collectif ; en mesure d’adresser des centres précis et des tirs cadrés. Autant de choix forts qui ne sauraient attendre : le prochain Euro se tient dans deux ans. Il faudra alors compter, notamment, avec l’Angleterre et l’Espagne…

Roja exemplaire

Comment ne pas se réjouir devant le beau football que nous a offert la sélection espagnole ? Sa victoire au Mondial, c’est le triomphe de l’esprit sportif ; de la technique individuelle au service de l’intelligence ; du collectif tourné vers l’offensive. Du panache. Bravo à ses joueurs toujours en mouvement, qui honorent le ballon rond en magnifiant la possession ; qui continuellement assurent au porteur du cuir le soutien de plusieurs partenaires, en alternance avec leur démarquage. Chapeau bas à l’art de jouer dans les espaces entre les lignes des Rodri, Olmo, Yamal, Pedri… Respect à tous pour leur généreux partage d’un pressing collectif efficient. Voilà des garçons qui n’ont pas peur d’envahir en nombre le camp adverse, souvent même à dix, confiants dans leur gardien qui cumule à merveille le rôle de libéro ! Quand les frileux Argentins, Uruguayens, Paraguayens ne quittent pas le camp de base dressé devant leur portier ; et multiplient les provocations, l’antijeu, les coups bas, l’intimidation, la simulation, les protestations… Tandis qu’un pied sur le ballon et l’autre sur le frein, les défenseurs et milieux de terrain français s’aventurent en territoire adverse sans se départir de leur retenue. Pourtant, si l’on en croit ces mots attribués (sans source retrouvée) à Zinédine Zidane : « il faut oser pour gagner ». De quoi promettre aux Bleus de beaux lendemains… en traduisant ces belles intentions en actes !

Dans une finale où le premier tir cadré argentin a été adressé passée la cent-vingtième minute, les Sud-Américains accumulant tricheries, retards, actes de violence et d’antijeu, le mérite des footballeurs espagnols n’est pas mince d’avoir su conserver la maîtrise du ballon, avec une attitude exemplaire. Leur nouvelle leçon de foot s’est accompagnée d’une leçon de fair-play. Heureusement, ils auront ainsi sauvé la mission éducationnelle du sport bafouée par le comportement antisportif des Argentins avant, pendant et même après le match en tournant le dos aux vainqueurs ; infligeant un bien triste spectacle aux enfants du monde entier suspendus aux écrans des téléviseurs. Faut-il donc rappeler que le foot n’est pas la guerre ? Même aux Malouines.

Apprécions le retour au premier plan de Rodri en souhaitant que le métronome espagnol ne soit pas fragilisé par ses blessures successives. Et rendons un hommage particulier au magnifique entraîneur de la Roja, Luis de la Fuente. Pour sa haute compétence technique et sa valeur humaine, un courage et une résilience affirmés et pour son modèle de comportement, dicté par la force tranquille d’un homme riche de ses certitudes. Le football a besoin de professionnels de cette classe, dont Tuchel et bien d’autres gagneraient à s’inspirer.

Bref, les cyniques voyous argentins nous ont gâché la finale, avec la complicité d’un arbitre adoubé par l’ex-maestro du sifflet Collina. À croire que les meilleurs policiers peuvent faire de grands bandits ! Faut dire que dans une FIFA dont le Président vient d’adresser une lettre de félicitations et de remerciements à la Fédération argentine pour l’admirable comportement de l’Albiceleste au cours du Mondial américain, il faut s’attendre à tout. Consolons-nous : le football est tout de même sorti vainqueur de cette finale. Ouf ! Et gracias a la Roja !