Mondial 2026 : Bilan ( I )

Mondial 2026 : Bilan ( I )

Quelle que soit la sélection sacrée Championne du Monde le 19 juillet, il est possible dès à présent de dresser un premier bilan du Mondial 2026.

Une édition très business

Les organisateurs de la majeure compétition de la planète foot n’ont pas fini de se congratuler comme protagonistes du « succès » du tournoi. La FIFA se réjouira de la réussite de cette Coupe du Monde qui doit valider la progression du football sur le continent américain ; et plus spécialement aux États-Unis, booster les attractives retombées économiques potentielles du soccer. Pour les supporters de toutes provenances, ce Mondial s’est avéré onéreux à un point record, notamment en raison des coûts de biglietterie, des déplacements pour se rendre aux stades.

L’UEFA, la FIFA multiplient les compétitions internationales, ouvertes à toujours plus de participants. L’augmentation du nombre des pays concernés et des rencontres enrichit les opulentes instances organisatrices ; en particulier à travers la vente de robustes droits télévisés pour la retransmission des matchs et de juteux contrats de sponsoring. De quoi combler la cupidité d’Infantino et aiguiser l’avidité de Čeferin, respectifs Présidents des deux grandes institutions du ballon rond.

Une édition très politique

Aux États-Unis, pour Donald Trump rompu à l’art de transformer les défaites en victoires, « sa » World Cup est un succès, même si « son » équipe US « qui le méritait » n’a pas triomphé comme il le souhaitait. C’est grâce à son leadership que le football croît et embellit sur tout le continent, parallèlement à ses « succès » (sic) militaires et diplomatiques !

Sur la planète foot, ce Mondial est une aubaine pour Infantino : il renforce sa popularité auprès des fédérations du continent américain, lui assurant des voix précieuses pour sa réélection en mars 2027, où sera remis en jeu son mandat à la tête de la Fédération Internationale de Football Association ; non sans l’appui de son « grand ami » Trump, qui n’a pas son pareil pour recommander aux échéances électorales de par le monde certaines candidatures nauséabondes.

En qualifiant d’inacceptable franchissement de la ligne rouge la levée de la suspension de Balogun pour carton rouge, Čeferin a saisi l’opportunité d’écorcher l’image d’Infantino en s’affirmant comme le véritable Monsieur Propre du foot. Le loup est sorti du bois : il se positionne en parfaite alternative pour la prochaine présidence d’une FIFA moralement exemplaire. Voilà qui promet du sport entre ces deux alliés d’hier dans la cabale montée pour évincer Platini ! Čeferin est-il de taille à affronter la meute au service d’Infantino, où se dirige-t-on vers le statu quo d’un nouveau Yalta du foot ? Après tout, à Zurich comme à Nyon, la soupe est si bonne que la raison peut finalement justifier le maintien d’un partage des responsabilités, dans cette belle Suisse « au-dessus de tout soupçon », chère à Jean Ziegler.

Clientélisme et corruption

Aux dépens de l’intégrité physique et de la santé des joueurs, la surcharge du calendrier des diverses compétitions du ballon rond pénalise surtout les footballeurs des grandes équipes, hyper sollicités au long de saisons épuisantes. Ce parti pris qui génère une injustice, nuit à la qualité du spectacle offert par les meilleurs acteurs souvent amenés à jouer tous les trois jours de saisons à rallonge. Dans des compétitions toujours plus longues, exigeantes et ouvertes à des équipes modestes, pour exister ces dernières ont trop fréquemment recours à l’anti jeu, la violence, la simulation, la provocation, les protestations systématiques… Autant de mauvais comportements encouragés par le clientélisme des instances du football : aux arbitres qu’elles nomment et rétribuent, la FIFA comme l’UEFA imposent une tolérance maximale qui nuit surtout aux joueurs phares des meilleures formations ; à l’encontre du respect de l’éthique sportive et de l’application des règles du jeu.

La Coupe du Monde 2026 aura marqué une nouvelle escalade de la FIFA dans la cupidité et la corruption. Les nations du continent hôte, en particulier les pays organisateurs, ont bénéficié d’un tirage au sort et d’un arbitrage très favorables ; parfois scandaleusement, qui ont fait dire à l’entraîneur de l’Égypte et à d’autres professionnels, que tout était prévu pour que l’Argentine soit Championne du Monde. Les décisions à sens unique et la cécité du referee ouzbek complice de la conduite antisportive, la violence et les provocations réservées aux Français par les Paraguayens sont des exemples de prestations d’hommes en noir incompétents et/ou malhonnêtes. Certes, l’histoire de la Coupe du Monde nous a habitués à certains arbitrages impunément désastreux et partiaux. Parmi lesquels restent dans les mémoires le contrat mis sur le Roi Pelé pour l’éliminer de la World Cup de 66, avec l’expulsion du Capitaine argentin Rattín, les décisions défavorables aux Français et aux Allemands, un cocktail d’actions qui a valu à l’Angleterre son sacre et à Stanley Rous, Président de la FIFA, d’être anobli par sa Reine ; la honteuse agression de Schumacher sur Battiston ; la « mano de Dios » de Maradona qui continue à nourrir le culte du « Pibe de Oro ». De surcroît, qui ne dit mot consent, il nous faut à présent regretter que le prestigieux Pierluigi Collina, Conseiller de la FIFA, cautionne la poursuite de pratiques illicites et préjudiciables de la part de ses ex-collègues.

La VAR, proactive et interventionniste en rugby pour aider en toute transparence à la prise de décisions, a répondu aux sollicitations des formations du continent hôte du tournoi mais a opposé son mutisme à plus d’une demande des autres équipes.

L’accumulation des publications, enquêtes, condamnations de hauts dirigeants de la FIFA, en particulier des Présidents, de Havelange à Blatter, pour leur gestion et leur gouvernance délictueuses, est impressionnante. Qu’importe, l’Italo-Suisse Infantino demeure attaché à l’opacité comme au secret bancaire.

Las, le Mondial 2026 nous amène à constater que le football est loin d’être guéri et que ses hauts dirigeants sont toujours prisonniers de leurs démons. Heureusement, amis de Tiro Libre, notre amour du foot reste intact. Alors, place au jeu ! Prochainement, un post sera dédié à un bilan du jeu que nous aura proposé la grande fête du ballon rond en cours.