Magique Coupe de France

Magique Coupe de France

En plein dénouement de saisons sportives aux calendriers surchargés, de Roland Garros au Mondial de football en point de mire, l'Union Bordeaux-Bègles s'est brillamment maintenue sur le toit de l'Ovalie, aux dépens du Leinster. Tandis que dans nos têtes résonnent les clameurs de la finale de Champions League entre le PSG et Arsenal, savourons le triomphe riche en symboles du Racing Club de Lens en Coupe de France. De cette belle soirée au Stade de France, a émané une saveur spéciale ; qui évoque d'autres grands moments de l'histoire du ballon rond, moins glamours, moins médiatisés, mais d'une portée humaine transcendant notre sport mis sous tutelle financière.

Le conte de fées de Calais

Le 7 mai 2000, les amateurs du Calais RUFC, club de quatrième division qui (pour raisons financières !) allait disparaître en 2017, faisaient naître un flot d'émotions dans leur petite ville du Nord proche de la frontière belge, frappée par la crise de l'industrie textile : cette équipe de copains réunissant des pêcheurs, des employés, magasiniers et dockers, fit trembler le FC Nantes qui, l'année suivante, décrocherait son huitième titre de champion de France ; et qui compte à ce jour 4 coupes et super coupes nationales ! La finale fut équilibrée… Jusqu'au généreux pénalty accordé aux professionnels. Un épilogue décevant pour le conte de fées calaisien. Tant, de la sous-préfecture du Pas-de-Calais au Stade de France, l'épopée de ce petit Poucet au maillot sang et or et au short noir aura forcé l'admiration de la France entière. Le Graal qui meublait les rêves des modestes footballeurs amateurs fut injustement attribué à l'ogre nantais. Au point que sans doute mû par la honte autant que l'admiration, le capitaine des Canaris Mickaël Landreau proposa à son homologue du Calais RUFC, Réginald Becque, de soulever ensemble la Coupe. Une belle marque de respect, dans l'esprit que l'on est en droit d'attendre de la fête annuelle du football français ; qui nous rappelle que cette coupe rassemblant tous les clubs de l'Hexagone qui souhaitent y prendre part, offre à certains joueurs l'opportunité de vivre leurs rêves en couleur, en les partageant avec leurs fidèles supporters.

Le conte de fées des Herbiers

Le 8 mai 2018, la belle histoire allait se répéter : Les Herbiers, club vendéen de troisième division, composé de semi-professionnels, disputait la finale de la Coupe de France face au Paris Saint-Germain. Impressionné par la farouche résistance des joueurs des Herbiers, le capitaine du PSG, Thiago Silva, imita le beau geste sportif réalisé dix-huit ans plus tôt par Landreau : il souleva le trophée avec le capitaine de l'équipe des Herbiers, Flochon. L'hommage de Silva était bien mérité.

Les corons de Saint-Denis

La récente finale de la Coupe de France 2026 a ressuscité la magie de la compétition, dans un Stade de France sang et or, face à un OGC Nice à la hauteur de l'évènement malgré une saison décevante. Restent à jamais gravés en nos mémoires les corons chantés à pleine poitrine par le merveilleux public lensois portant son équipe à la conquête de la première grande Coupe de son histoire. À l'occasion d'une belle soirée, dans la tradition des grands moments de cette compétition ; qui traduit l'actuelle bonne santé sportive du foot français, à défaut de sa santé financière. Mais dans quels pays le football professionnel peut-il se vanter d'engendrer une situation économique saine, dans le respect de l'éthique sportive ?

Une certitude : à Saint-Denis, des Lensois en mission et des Niçois résilients nous ont rappelé que le foot est avant tout un sport collectif, où la victoire sourit volontiers à qui va crânement la rechercher.