La Danish dynamite
Popularisé par les médias britanniques puis internationaux, impressionnés par le style offensif, explosif et imprévisible de la sélection danoise des années 80, le surnom de « Danish dynamite » a été attribué à l’équipe nationale du Danemark.
Le Danemark a donné au football des joueurs de classe internationale. Parmi eux, émergent l’attaquant Allan Simonsen, Ballon d’Or 77, qui fit les beaux jours du Borussia Mönchengladbach avant de rejoindre le FC Barcelone ; les frères Laudrup : l’aîné Michael, numéro 10 excellent technicien et créateur, surnommé Michelino à la Juventus où il était associé à Platini, le « San Michele » turinois, puis au sein de la Dream Team du Barça de Cruyff, aux côtés de Romário et Stoitchkov. Et son cadet Brian Laudrup, remarquable 10 lui aussi, notamment des Glasgow Rangers, de la Fiorentina, de l’Ajax d’Amsterdam ; la dynastie des Schmeichel, grands gardiens de but : Peter, légende du Manchester United de Sir Alex, puis son fils Kasper. Cette équipe du Danemark aura marqué l’histoire du football à travers des épisodes exceptionnels.
1992 : le miracle
En raison de la guerre des Balkans, l’UEFA a exclu la Yougoslavie de l’Euro 92, la remplaçant au tout dernier moment par le Danemark. Les footballeurs danois ont dû interrompre leurs vacances pour disputer l’édition la plus imprévisible de l’histoire des Championnats d’Europe. Aux yeux du monde du ballon rond et des Danois en particulier, ces joueurs nord-européens repêchés in extremis avaient peu de chances de bien figurer au tournoi. Pourtant, après des débuts laborieux, les Danois franchirent le tour éliminatoire. À la surprise générale, ils éliminèrent ensuite les champions sortants de la Hollande en demi-finale, aux tirs au but. Et enfin, ils vinrent à bout de l’Allemagne réunie pour la première fois, donnée grande favorite de la compétition. Depuis le Danemark, des trains entiers aux couleurs rouges avaient rejoint la Suède, pays organisateur, accompagnés d’un capital de sympathie partagé par les amateurs de foot de tout le continent. Parmi les héros de cette épopée, figuraient les attaquants Larsen et Brian Laudrup ; avec Peter Schmeichel, décisif dans cette victoire surprise. Un drame extra-sportif n’allait pas épargner la sélection nordique : Kim Vilfort dut quitter son équipe en cours de tournoi pour se rendre au chevet de sa fille atteinte d’une leucémie. Il revint pourtant remporter la finale, au cours de laquelle il inscrivit l’un des deux buts de son équipe.
2021 : le drame
Lors de l’Euro 2021, à Wembley, Kasper Schmeichel défendait les cages de la sélection danoise. À la 43ᵉ minute du match les opposant à la Finlande, brusquement, Christian Eriksen, meneur de jeu du Danemark, s’écroula inconscient. Après douze interminables minutes de tentative de réanimation de la part des médecins, tandis que ses coéquipiers effondrés formaient un cercle autour de lui, Eriksen put être évacué en civière et transporté à l’hôpital. Le drame avait failli se transformer en tragédie : hors de danger, Eriksen put progressivement reprendre le cours de sa carrière. Et grâce à leur comportement héroïque, les footballeurs danois conduisirent leur équipe au seuil d’une autre finale en gagnant 4-1 contre la Russie, 4-0 face au Pays de Galles et 2-1 contre les Tchèques. Seul un pénalty très discutable, sifflé à la 104ᵉ minute, a privé cette magnifique bande de copains d’une grande finale contre l’Angleterre.
En écrivant les plus belles pages de son histoire, le onze du Danemark n’aura pas volé son surnom de « Danish dynamite », conservé en hommage aux années d’or de la sélection danoise, qui aura tenu la dragée haute aux majeures formations européennes.