King Eric
Acteur né, Eric Cantona est une personnalité marquante du monde du ballon rond : grand footballeur ; puis joueur, ambassadeur et sélectionneur de l'Équipe de France championne du monde de beach soccer en 2005. Désormais reconverti, l'artiste est acteur à succès et producteur au cinéma, au théâtre, à la télévision.
Le rebelle
Marseillais, Cantona est révélé à l'AJ Auxerre de Guy Roux en remportant la Coupe Gambardella. Son talent d'attaquant lui fait rejoindre l'OM champion de France en 89 et 91. Mais faute de s'imposer dans sa ville de cœur, il est transféré à Bordeaux ; puis à Montpellier, où il envoie au tapis son coéquipier Jean-Claude Lemoult ; et à Nîmes où ses coups d'éclat et ses comportements hors-normes le mettent au centre de l'actualité sportive. Le jour où Canto jette le ballon à la tête de l'arbitre, il est suspendu six mois par la FFF. Le joueur rebelle met alors fin à sa carrière. Cela lui vaut longtemps la popularité du « je me casse » de sa marionnette fâchée des Guignols de l'info ; par opposition au « pas de pression » de la marionnette pusillanime de Michel Platini. Bientôt, revoilà toutefois Eric Cantona, chaussant les crampons en Angleterre. Sitôt le Channel traversé, il fait le show, se comportant déjà en star de cinéma. Économe de sourires, il n'hésite pas à dispenser des clins d'œil complices aux photographes.
The King
À Leeds United, Cantona apporte une contribution majeure à la conquête du championnat anglais. Il offre au club le Charity Shield, gagné 4 buts à 3 grâce à son hat-trick face à Liverpool… qui n'avait pas voulu de lui, pourtant recommandé par Gérard Houllier ! Ses grandes qualités de footballeur et son charisme ont tôt fait de séduire les supporters, gagnés par la « cantomania ». Cependant, revers de la médaille, la relation avec son entraîneur se dégrade. Aussitôt, Alex Ferguson en profite pour l'accueillir à bras ouverts au sein des Red Devils de Manchester United : un investissement dérisoire, vite amorti. Parfait héritier de George Best, Canto devient une légende de Man U : « Eric the King », champion d'Angleterre 1993, 94, 96, 97 et vainqueur de la Cup en 94 et 96. Le boss de Manchester joue col relevé, droit dans ses bottes. Mais chassez le naturel… En 95, le Rebel Genius est suspendu 9 mois pour son saut spectaculaire dans les gradins où il assène un fameux coup de pied de kung fu à un supporter de Crystal Palace qui l'avait insulté. Ayant purgé sa peine, King Eric est immédiatement fêté en héros par le peuple mancunien : le joueur est adulé, l'artiste apprécié, le roi rebelle admiré. Devant un parterre de journalistes assoiffés d'explications et déclarations explosives, le King de retour aux affaires adresse à sa Cour son mystérieux message longtemps sujet de discussions dans l'univers du foot : « les mouettes suivent les chalutiers dans l'espoir de s'emparer de sardines qui seront rejetées à la mer ». Fort de son talent, le génie rebelle proche de Maradona dicte son style et son comportement.
L'Équipe de France
Canto compte 45 sélections et 20 buts en Bleu. Il a été Champion Olympique. Son aventure en équipe nationale prend pourtant fin en 95. Car tout comme Ginola, il est écarté du club France : Aimé Jacquet qui privilégie la cohésion du collectif, veut éviter que le caractère difficile de Cantona ne soit néfaste au groupe France pour préparer sereinement la conquête du Mondial 98.
Looking for Eric
En 97, à seulement 30 ans, au grand dam des supporters de Manchester United, Eric Cantona met fin à sa carrière de footballeur. Show must go on : King Eric a une gueule. Et à l'écran, il passe bien. Surtout en bad boy. Les publicistes ne s'y trompent pas. Admirateur sans réserve de Canto, Ken Loach lui dédie un film où le Français joue son propre rôle, mentor et ami imaginaire d'un employé des postes anglaises que la vie a laissé en chemin. Sur les planches et face à la caméra, le Roi rebelle semble enfin assagi.