Guerres d'Iran
La Coupe du Monde 2026 devrait se dérouler aux États-Unis, au Canada et au Mexique. À l'approche du coup d'envoi de la majeure compétition du football, la trêve de guerre envisagée entre les USA et la République Islamique d'Iran nous invite à un retour sur un épisode de l'histoire du ballon rond qui mérite notre réflexion : la participation de la sélection iranienne au Mondial 98 en France.
Iran-Australie
En novembre 97, en point d'orgue de la phase qualificative, un barrage oppose la deuxième sélection nationale du continent asiatique, l'Iran, à la première du groupe de l'Océanie, l'Australie. Le vainqueur sera qualifié pour disputer en France la phase finale de la compétition. Pour beaucoup, l'Australie est favorite. 128 000 spectateurs enthousiastes assistent au match aller « chaud bouillant », dans la capitale de la république des barbus, au stade « Azadi », qui en iranien signifie « liberté » ! L'Australie n'a alors pas reconnu le gouvernement de Khomeini, auquel succède Khaleimini, guide spirituel de la République Islamique d'Iran. Les Australiens font escale à Dubaï et rejoignent le stade Azadi directement, en arrivant le jour même de la rencontre, en autocar. Cette première manche se termine sur le résultat nul d'un but partout, qui confirme le statut des Australiens.
Le match retour a lieu une semaine plus tard à Melbourne, au Cricket Ground, devant 98 000 spectateurs. Les Australiens ouvrent le score et se dirigent vers la qualification. Ils perdent pourtant par 2 à 1 : à Téhéran, c'est la fête, la folie ! Les femmes expriment leur joie sur des musiques occidentales !
Iran-USA
En poules qualificatives du premier tour de Coupe du Monde, le sort réunit dans un même groupe l'Iran et les États-Unis. La rencontre se déroule en juin 98 à Lyon. Fière de sa mission pacificatrice, la FIFA fait de ce match de Gerland une vitrine de sa politique de fair play, au-dessus des contingences politiques et religieuses : les footballeurs iraniens remettent une rose blanche à leurs adversaires. Imités par les spectateurs dans les gradins, sur le terrain à grand renfort d'accolades et de photos, les protagonistes rivalisent d'esprit sportif et de nobles sentiments, dignes du mouvement olympique. Voir poser ensemble sur la photo officielle du match les acteurs de ces deux nations en grave crise politique est réconfortant.
L'Iran s'impose 2 à 1 : éliminés de la Coupe du Monde, les Iraniens éliminent les Américains. Une victoire retentissante dans l'univers du foot ; et qui déclenche un raz-de-marée festif à Téhéran, Tabriz, Ispahan…
Le flagorneur et l'infatué
La guerre actuelle entre l'Iran et les États-Unis fait regretter cette épopée de la sélection iranienne de football, survenue en période de crise entre les deux nations ; quand le ballon rond donna au monde l'exemple à suivre pour la sauvegarde de la paix sur la planète, facilitée par la dignité que l'on est en droit d'attendre des grands de ce monde. C'était pendant la dictature de la Révolution Islamique. Avant l'obséquiosité du flagorneur Infantino, notre cireur de Broadway* ; et l'arrogance de l'infatué Donald Trump.