Direction Budapest (IV)
Le tirage au sort de la Ligue des Champions ayant décidé une finale avant la lettre entre le Bayern de Munich et le Paris Saint-Germain, Arsenal et le PSG se disputeront le titre. À la lumière des récentes demi-finales, semble intéressant un point sur les principales forces et faiblesses des deux finalistes.
Arsenal-Atlético
Le pénalty refusé à Giuliano Simeone nous a privés de prolongations dans la demi-finale retour entre Arsenal et l'Atlético de Madrid. Les Gunners méritent cependant de représenter l'opulente Premier League à la grande fête du football européen. Car au cours des deux premières mi-temps de leur éliminatoire, on a déploré la frilosité coutumière de colchoneros renonciateurs, campés sur la défensive ; se décidant à attaquer seulement en réaction, quand ils se retrouvent menés au score. Dommage ! Les Madrilènes ont démontré que lorsqu'ils prenaient le jeu à leur compte, ils avaient les moyens de triompher. Pour ses adieux à la Coupe d'Europe, Griezmann n'aura pas été en réussite. Les retours d'Ødegaard et de Saka apportent peu d'allant aux Gunners ; qui ces derniers temps marquaient le pas, leur collectif bien rôdé générant une domination souvent stérile. Les deux attaquants majeurs des Londoniens disposent de trois semaines pour retrouver leur pleine forme et tenir la dragée haute aux Parisiens. Ils risquent d'être affaiblis par la lutte avec Manchester City pour la conquête tant espérée du Championnat de Premier League. Acquis l'été dernier au prix fort, Gyökeres qui jusqu'alors n'a convaincu personne, se rappelle soudain au bon souvenir de l'Emirates Stadium comme un avant-centre puissant, le buteur prolifique du Sporting de Lisbonne. Ce, au moment où Arsenal fait le forcing pour recruter Julián Álvarez, son homologue… de l'Atlético !
Bayern-PSG
Une fois encore, le Bayern échoue aux portes de la finale. Il n'est pas parvenu à imposer le football conquérant qu'il affiche depuis le début de la saison. Certes, en deux occasions, les Bavarois auraient pu bénéficier d'un pénalty, qui aurait vraisemblablement inversé le sort du match. Mais globalement, les joueurs de Kompany ont déçu ; en particulier leurs deux meneurs de jeu, loin de rééditer à l'Allianz Arena leurs brillantes prestations du Parc des Princes : Kimmich devant sa défense a été transparent pendant une heure. Quant à Olise, il n'a pas survolé le milieu de terrain ; et en position avancée, il a rarement été l'ailier aux débordements irrésistibles du match aller. Curieusement préféré à Davies, Laimer a confirmé sa hargne et ses limitations.
Si les performances des Munichois n'ont pas été conformes à leurs standards habituels, c'est avant tout en raison du harcèlement exercé par le pressing des Parisiens. Que dire de Fabián Ruiz qui après quatre mois hors des terrains, a supporté le rythme asphyxiant dicté par son équipe ! Le Paris Saint-Germain poursuit sa progression. L'intensité, la vitesse, le mouvement permanent sont au rendez-vous afin d'assurer l'application efficace d'un système de jeu auquel adhère chacun des joueurs. Voilà des footballeurs qui courent beaucoup ; ensemble et à bon escient. Aux raids dévastateurs d'un Kvaratskhelia exemplaire succèdent les prises d'initiative du Golden Boy Doué et du Ballon d'Or Dembélé. Tous deux se rapprochent de leur flamboyant niveau de jeu du printemps 2025. Vrai, la force de ce PSG tient à ses vertus morales : la vaillance, la solidarité et l'esprit conquérant de tous. Même dominés, bousculés, ils demeurent prêts à frapper l'adversaire par des contres assassins.
La finale
Le 30 mai, au Puskás Aréna de Budapest, pour faire peser le danger sur la défense du PSG, Ødegaard devra être la rampe de lancement de Saka. Compte tenu de l'intensité que les Parisiens chercheront à imprimer à la rencontre, tous deux en cours de reprise de compétition risquent d'être à la peine. Le Paris Saint-Germain fait figure de favori de la finale. Sachant que des blessures sont à craindre au terme d'une saison éprouvante pour les organismes ; avec le Mondial américain dans bien des têtes… À suivre !