Direction Budapest (III)
Bayern München
Au Santiago Bernabéu, devant des Merengue qui, à l'image de nombre de leurs prestations cette saison n'avaient rien de conquistadores, le Bayern a affirmé l'impressionnante force collective qu'il affiche en Allemagne comme en Europe. Cette force tranquille d'une équipe résolument offensive et dominatrice, où chacun travaille pour le groupe. Où à la baguette, le pragmatique Kimmich est très présent et Olise rayonne ; avec devant, un Kane attaquant complet et buteur précieux qui poserait sa candidature au Ballon d'Or si l'élection de l'édition 2026 avait lieu en avril ; bien accompagné d'un Luis Díaz aussi rapide que décidé. L'inoxydable Neuer a fait barrage aux contres des Merengue, dangereux malgré un Upamécano vigilant. Heureusement pour les Allemands car dans leur redoutable formation, la défense est loin d'être une forteresse impénétrable. En l'absence d'indisponibilités chez ses joueurs majeurs et si Musiala avait le temps de revenir à son niveau de performances de 2025, les Bavarois pourraient faire figure de favoris de la Ligue des Champions… Si le PSG ne redevient pas l'impitoyable équipe des 6 premiers mois de 2025.
Real Madrid
Au match retour, les Madrilènes ont enfin livré une rencontre sérieuse, avec un jeu d'équipe et une solidarité dignes d'une formation de son rang. Et précisément le soir où ils font le job, les voilà éliminés. Mais ni l'arbitrage surprenant, ni les blessures à répétition accumulées ces derniers mois ne sauraient justifier leur échec en Champions League, signant une deuxième saison blanche successive de la Casa Blanca. Les Merengue paient leurs graves lacunes accumulées depuis plus d'un an. En particulier une attitude et un comportement inadaptés au sport de haut niveau. Dépourvu de jeu collectif et de leader sur le terrain, faute d'esprit de conquête, de mobilité et d'intensité, le Real est depuis deux ans une équipe vulgaire qui trop souvent réagit quand elle est menée au score. Ses joueurs confient leur sort au brio de Courtois actuellement blessé ; aux exploits individuels du goleador Mbappé ; et aux rares fulgurances du fantasque Vinicius peinant à conclure le peu de débordements qu'il réussit. La Maison Blanche prend l'eau. Brillant homme d'affaires, financier et homme de marketing, Florentino Pérez est un gestionnaire mais pas un expert en football. Son équipe technique, sans doute soucieuse d'appliquer la politique de son Président, est incapable d'orienter les recrutements de footballeurs sur des critères sportifs réalistes et dictés par une vision du futur : quid d'un système de jeu clair et ambitieux ? D'une cellule de recrutement priorisant les complémentarités entre joueurs de l'équipe et non sur leur notoriété et leur image, d'une communication qui fasse la part belle aux valeurs collectives ? Que penser de la cohérence d'un grand manager qui s'est séparé en quelques mois de deux entraîneurs expérimentés et compétents… pour nommer un néophyte ? Et que dire du mauvais exemple laissé aux joueurs devant le sacrifice d'un coach, en cédant aux revendications de certains footballeurs aux prestations répétitivement médiocres !
Paris Saint-Germain
Le PSG a justement éliminé un Liverpool dont la convalescence se prolonge. Lors du match aller au Parc des Princes, les Parisiens avaient l'occasion de sceller le sort de l'éliminatoire. Après un début prometteur, au lieu d'enfoncer le clou, ils perdaient leur esprit conquérant pour gérer le 2 à 0 en baissant d'intensité. Avant que Dembélé ne renoue avec la justesse dans ses finalisations, on a pu craindre que le PSG ne paie cher ce renoncement au match retour dans l'enfer d'Anfield. Heureusement, dans l'antre des Reds, les hommes de Luis Enrique ont fait étalage de la mobilité, l'agressivité, la solidarité qui les rendirent irrésistibles au printemps dernier. Et Dembélé s'est montré plus réaliste devant le but anglais. La vaillance des Reds (dont l'efficacité offensive a été limitée par la blessure rapide d'Ekitiké et la mise à l'écart de leur « pharaon » Mo Salah) n'aura pas suffi pour arriver à bout de Parisiens souvent en maîtrise. Ce PSG est de plus en plus compétitif. Et il possède aujourd'hui une marge de progression importante. Car les Dembélé, Vitinha, Doué en particulier ne sont pas encore au top de leur forme.
L'Atlético de Madrid
Les Colchoneros ont eu raison de La Défense gruyère du FC Barcelone. Ils ont fermé la porte d'accès aux demi-finales de la Coupe d'Europe à des Catalans dotés d'un jeu collectif séduisant et d'une attaque excellente où brille le diamant Lamine Yamal, conduite par le meilleur meneur de jeu actuel, Pedri. Les Barcelonais étaient prévenus : leurs joueurs seraient attendus par des Madrilènes bien regroupés en défense, prêts à transpercer par des contre-attaques tranchantes la défense en ligne horizontale des Espagnols, positionnée haut sur le terrain ; et à provoquer l'expulsion d'un défenseur catalan à chacune des deux rencontres : les mêmes causes produisent…
Arsenal
À l'Emirates Stadium, face à des Portugais peu réalistes en attaque, les Gunners en panne d'inspiration ont eu du mal à conserver leur avantage d'un but acquis à Lisbonne. Contre un Atlético coriace, ils devraient souffrir de leur lutte au coude à coude avec Manchester City pour la conquête tant attendue du triomphe en Premier League. Les Londoniens semblent préparer un remake de « Plus dure sera la chute »…
Pronostics
Conscients de la glorieuse incertitude du sport, s'il fallait jouer les devins, on se risquerait à pronostiquer une finale PSG-Atlético.