Direction Budapest (II)

Direction Budapest (II)

Les huitièmes de finale de Champions League ont donné lieu à des rencontres passionnantes et souvent de haute tenue. Le football collectif, offensif en particulier, y a été mis à l'honneur.

Révélation

Au rang des belles surprises de cette édition 2025-2026, se détache le Bodø/Glimt, jeune formation norvégienne qui confirme sa capacité à déployer un séduisant jeu d'équipe basé sur une solidarité sans faille et un enthousiasme rafraîchissant. Cette équipe modeste invitée à la Cour des Grands, rivalise sans complexe avec ses prestigieux adversaires. C'est la tête haute que les Scandinaves quittent la compétition. Leur générosité évoque la magnifique campagne européenne 2024 de l'Atalanta de Bergame.

Fins de cycle

Parmi les grands clubs éliminés au tour précédent, notamment Benfica et un Inter de Milan trahi par le vieillissement de ses cadres et la perte de son entraîneur Simone Inzaghi, figure Manchester City ; l'ombre de l'équipe qui a dominé l'exigeant football anglais pendant près d'une décennie. Orphelins de Kevin De Bruyne, avec un Rodri convalescent et un Bernardo Silva qui accuse le poids des ans, les Sky Blues ont perdu leur milieu de terrain dominateur. En Premier League, ils se maintiennent cependant dauphins d'Arsenal au prix d'investissements financiers massifs, engagés pour rajeunir un effectif qu'ils espèrent renforcer. Ces allures de fin de cycle n'ont pas empêché Pep Guardiola et les siens de remporter la League Cup aux dépens… de l'Arsenal de Mikel Arteta ! Pour l'Équipe de France au Mondial 2026, l'affirmation de Cherki, créatif animateur aux surprenantes initiatives, fait espérer du fantasque soldat Rayan une intéressante alternative à Michael Olise, très sollicité au Bayern.

Le réveil

Sous l'impulsion du rayonnant Szoboszlai, Liverpool se remet d'un début de saison catastrophique, à l'image de Mo Salah. Les Reds affichent de nouveau l'allant et le football ambitieux prôné par Jürgen Klopp, reposant sur le pressing et le contre-pressing volontaristes, qui ont permis aux hommes d'Arne Slot de gagner brillamment l'ultime championnat anglais. Toutefois, ils manquent encore de continuité, dans leur jeu comme dans leurs résultats. Si les blessures actuelles de Salah et Ekitiké persistent, la réduction du potentiel offensif des Reds devrait freiner la reprise du Liverpool FC. Et ce, au moment où Dembélé, Doué, Kvaratskhelia améliorent leur niveau de performances. Lorsque les milieux de terrain parisiens seront à leur niveau de la deuxième moitié de l'exercice précédent, le Paris Saint-Germain pourra envisager un doublé en Ligue des Champions.

L'aspirant

Forts de leurs vertus collectives, d'un jeu bien huilé et grâce à l'accumulation de buts sur coups de pied arrêtés, les Gunners profitent de la régression de City, Liverpool et Chelsea pour se diriger vers le titre en Angleterre. Ils rêvent d'une saison riche en triomphes. Mais de là à conquérir le Graal européen, la marche semble haute pour Arsenal qui ne compte pas de grands joueurs et dont les deux arguments majeurs en attaque, Saka et Ødegaard, ne traversent pas leur meilleure période. Les pensionnaires de l'Emirates Stadium partent favoris face à un Sporting de Lisbonne joueur, qui ne manque pas d'enthousiasme, mais est loin de disposer d'un effectif de la qualité et de l'ampleur de celui des Londoniens.

Por fin !

En incorporant d'intéressants jeunes footballeurs volontaires issus du vivier de la Maison Blanche, Arbeloa réussit pour l'heure à faire courir les Merengue ; et à les faire jouer en équipe souvent bien regroupée sur le rectangle vert. Avec le retour de Mbappé et Bellingham, il faudra confirmer ces récentes bonnes dispositions et jouer en bloc. Pour décrocher un seizième sacre européen, le Real Madrid devra exprimer l'extraordinaire potentiel de ses joueurs. En conservant leur bon esprit, leur attitude, leur comportement récents. Les stars doivent consentir à courir sans ballon et à presser leurs adversaires. Vinícius doit reproduire ses prestations d'ex-futur Ballon d'Or, avec la répétition de ses irrésistibles débordements et la justesse de ses finitions. Et surtout, le Real doit avoir raison de l'ogre bavarois, affamé à la porte de la Casa Blanca : « ¡ Tela marinera ! »

Kolossal

Le Bayern Munich impressionne par la régularité de ses performances, convaincantes tant en Bundesliga qu'en Ligue des Champions. Grâce à un système de jeu au point ; et avec des Kane, Olise, Kimmich, Neuer, joueurs de classe qui peuvent transcender un large effectif de qualité, au sein duquel le vif-argent Musiala reprend la compétition. Il faudra des Merengue pata negra pour venir à bout de l'épouvantail allemand et devenir un légitime prétendant à la victoire finale.

Défense et sécurité

Les héritiers du tiki-taka sont portés par leur maîtrise d'un modèle de jeu breveté La Masia, leur prolifique centre de formation de Barcelone. Ils bénéficient du brio d'attaquants exceptionnels comme Yamal, Raphinha, Lewandowski, servis par le maître à jouer Pedri. Mais il leur faut composer avec les incertitudes posées en permanence par une défense en ligne systématique, trop régulièrement sauvée par l'excellent gardien Joan García. Comme par le passé, les Madrilènes de l'Atlético peuvent gâcher la fête des Barcelonais en resserrant les mailles du rigoureux filet défensif cher au CholoSimeone, afin de permettre à Julián Álvarez et Griezmann de s'engouffrer dans les espaces laissés par les Catalans ; et en prenant de vitesse les arrières du Barça.

Place à des quarts de finale attractifs ! Et que les joueurs nous étonnent ! Sachant, amis de Tiro Libre, que outre la valeur des protagonistes et les aléas du ballon rond, la proximité du Mondial pourra intervenir dans la motivation des acteurs : certains contraints de flamber pour assurer leur sélection en équipe nationale, d'autres soucieux d'éviter les blessures et d'« en garder sous le pied » afin d'être au top pour le grand rendez-vous de juillet, à la conclusion d'une saison éprouvante car particulièrement surchargée.