Arsenal- PSG
Déception
Pour assister à un beau match de foot, la recette est simple : réunir deux bonnes équipes décidées à offrir un jeu offensif de qualité. Malheureusement, le refus des Gunners de « jouer le jeu » a privé les amoureux du ballon rond du spectacle que l'on peut attendre d'une finale de Coupe d'Europe. Avec une possession de l'ordre de 70 % et pratiquement un seul tir cadré, les Anglais auront passé plus de 100 minutes arc-boutés en défense, se contentant d'annihiler les tentatives des Parisiens. Une stratégie qui pourtant aurait pu s'avérer payante, tant son application fut facilitée par des joueurs du PSG peu inspirés, en panne d'énergie, de créativité, de justesse. Au point de tarder à égaliser après le but concédé d'emblée par une défense prise de vitesse sur une accélération de Kai Havertz, suite à un renvoi hasardeux de Marquinhos.
L'arbitre allemand Daniel Siebert a eu le mérite de s'imposer pour faire appliquer le règlement, dans un contexte rendu difficile par l'enjeu, la stratégie renonciatrice et l'attitude négative des Gunners alternant anti-jeu et pertes de temps, accompagnées de la pression exercée depuis le bord de touche par leurs dirigeants ; spécialement un Mikel Arteta agité et nerveux, à l'image de l'esprit antisportif qu'il a affiché en Angleterre ces derniers mois. Toujours fair-play quand leur équipe gagne, supporters et presse d'outre-Manche se sont lamentés, en particulier d'un pénalty refusé à Madueke durant les prolongations ; lors d'un duel viril épaule contre épaule avec Nuno Mendes situé derrière l'attaquant, tous deux protagonistes borderline, l'Anglais ayant plongé avec empressement ; le genre de situation régulièrement jugée normale en Premier League. Une main involontaire de Saka dans la surface de réparation, décollée du corps, n'a pas déclenché la sanction suprême. Et si Monsieur Siebert n'a pas expulsé Mosquera à l'origine du pénalty transformé par Dembélé, c'est afin de mettre un frein au jeu « contre la montre » systématique des Gunners. Conscient du risque de carton rouge encouru par Mosquera, Arteta le remplaça aussitôt.
Boring Arsenal
Les Londoniens doivent leur succès en Premier League à un collectif où sont de règle lutte et solidarité. Ce système a triomphé dans un championnat spectaculaire, très engagé ; indécis car comptant une dizaine de bonnes équipes de niveaux souvent proches, mais dépourvu aujourd'hui de véritable grande formation. Les deux teams dominants de ces dernières années, Manchester City et Liverpool, sont en reconstruction. Chelsea est en recul et Man United en légère reprise, semble-t-il. Arsenal a ainsi imposé sa solidité défensive et son insolente réussite sur coups de pied arrêtés et lancements de touches profonds. Jamais (désolé, Robert Pirès) autant qu'au lendemain de ce qui aurait dû être la grande fête du foot européen, la nouvelle équipe championne de Premier League n'aura mérité son surnom historique de formation ennuyeuse.
Paris Saint-Germain cohérent
Surmontant le contre-coup d'un exercice 2024-2025 euphorique, le PSG a accompli une saison remarquable, dans l'Hexagone comme en dehors, malgré les blessures et la lassitude de ses principaux joueurs, particulièrement sollicités : Dembélé, Vitinha, Doué, Kvara… Et ce, sans renier son jeu collectif ambitieux et son esprit conquérant : le mérite est à souligner. De sorte qu'au cours de la finale, malgré un déficit en intensité par rapport à leurs prestations de la saison dernière, les hommes de Luis Enrique sont restés fidèles à leur credo de football offensif. Cette cohérence dans une équipe réunissant des joueurs de moins de 23 ans de moyenne d'âge donne raison au binôme Luis Enrique et Luis Campos, qui devraient pouvoir poursuivre leur travail sereinement, contrairement à leurs prédécesseurs de l'ère qatarie.
L'arroseur arrosé
La stratégie défensive de Mikel Arteta pour la conquête du Graal européen peut surprendre, surtout de la part d'un ancien joueur du Barça, récemment entraîneur adjoint de Guardiola à Man City. Et que dire de l'utilisation à contre-emploi de Saka et Ødegaard, ses seuls vrais techniciens ? Pourquoi sélectionner ces deux créateurs de jeu pour les forcer à se jeter dans les pieds adverses à seule fin de bloquer aux Parisiens l'accès de son couloir pour le premier et la progression dans l'axe pour le second ? On comprend mal que le coach basque ne soit pas allé au bout de son projet destructeur en confiant ces tâches ingrates à des joueurs au profil adapté. Il est encore plus surprenant qu'en prolongations, Arteta n'ait pas profité de l'opportunité laissée par le coup de mou des Parisiens privés de leurs meilleurs arguments offensifs déjà remplacés, pour inciter les Gunners à enfin attaquer. À croire qu'il était convaincu du triomphe de son équipe à la loterie des tirs au but. Cette passivité évoque sa réputation de coach loser, « at the end of the game », acquise après plusieurs échecs retentissants, dans l'ultime ligne droite d'une ligue anglaise qu'Arsenal aura eu longtemps en main. À Budapest, en maintenant sa stratégie de perdant, de nouveau l'arroseur a été arrosé. Et cette fois, les amoureux du foot ne s'en plaindront pas. Merci, donc, à un petit Paris Saint-Germain de nous avoir évité d'assister au sacre européen d'une équipe aussi médiocre et cynique que cet Arsenal.
Il nous vient de penser à une certaine presse anglaise qui, dans le passé, a fait ses gorges chaudes du « méprisable jeu défensif » des équipes italiennes… et qui à présent justifie le jeu cadenassé des Canonniers londoniens. Ces journalistes ne déclaraient-ils pas voilà quelques jours Mikel Arteta, proclamé meilleur coach de la saison en Angleterre, l'entraîneur numéro 1 au monde ? Décidément, le « sense of humour » demeure une constante britannique !
¡Vaya torero!
Sans prêter attention aux détracteurs et aux sceptiques (mea culpa !) de tout poil, l'entraîneur asturien a fait de l'onéreuse et fragile formation glamour de la première décennie qatarie une vraie équipe conquérante, forte de footballeurs vaillants, solidaires et sûrs de leurs convictions. Dans cette finale, loin d'être convaincant, le Paris Saint-Germain manquant d'allant a cependant été cohérent, maintenant la possession du cuir en conservant la patience. On regrette un manque de vitesse dans les transmissions et de mouvement en soutien du porteur du ballon. Et dommage que les pistons latéraux du Paris Saint-Germain n'aient pas fait valoir la dynamique de leur potentiel offensif, en appuyant les initiatives des véloces attaquants parisiens : le béton anglais aurait alors volé en éclats, sous les coups de boutoir d'un Kvara décisif ! Et Arsenal n'aurait pas terminé la rencontre à 11. En bref, plus qu'une victoire du torero Luis Enrique, la finale de Champions Leaguepeut se résumer à la défaite honteuse de Mikel Arteta, qui a l'art de s'entêter (!) à faire appliquer à ses joueurs un plan de jeu beaucoup trop frileux. Peut-être a-t-il pensé que pour remporter la Coupe aux grandes oreilles il suffisait de ne pas jouer au football ?
Souhaitons, amis de Tiro Libre, que peu de coachs préconisent une tactique aussi désastreuse au long du Mondial qui nous attend : en prévision de pauvres spectacles, nombre d'amateurs de football pourraient être dissuadés d'acquitter les prix exorbitants des places et des transports pour rejoindre les stades.
Mais restons confiants : Infantino est pénétré du plus pur esprit sportif. Et avec son grand ami Trump, tous deux se sentent investis d'une mission de paix et de prospérité pour notre planète. Versons-leur un chèque en blanc !